Le théâtre un sentiment fort et unique à partager avec une personne, une, plus une, plus une et encore une autre. Le théâtre comme un parcours dans un sas en matière, corps silence et pensée. Je crois aussi que le théâtre devrait être " obligatoire"... Un théâtre bien sûr. J'aime bien entendre: "On dirait pas du théâtre c'est différent, c'est ailleurs." Pour cela aussi j'ai abandonné les saluts à la fin de mes spectacles. Chacun dans ses retours. Les publics sont les centres qui portent l'irreproductible. Dans toute ma partition, ils sont l'instrument qui crée le "son". Leurs présences organisées me sont indispensable pour trangresser l'oeuvre proposée sous leurs yeux. Des présences organisées, dans les cadres des actions, ou en hors champ dans des déplacements aussi, pour créer mes mes écritures et leurs proposer des lectures. Convoyés, encerclés, sans échapatoire possible, même physique, mais pouvoir les laisser partir avec quelque chose qu'ils mettront dans leurs poches, une matière, un objet. Un signe sur lequel ils retomberont, peut-être. Une trace pour encore des après, une mémoire, seul à seul ... cela pourrait n'être que quelques marques de boue sur des chausures... Les futures présences des publics dans mes espaces sont toujours de mes premières images. Voilà pourquoi les jauges sont précises et minimales. Cette direction de travail éclaire mes choix d'implications des techniques cinéma et vidéo dans mon théâtre. Je suis dans le vrai état de répétition quand les publics sont présents. Je veux leur donner à vivre le chemin de la transformation des matières, plutôt que sa représentation définitive et répétitive. Je tiens à cette marche commune vers le moment unique, qu'ils pressentent eux aussi l'avant, je les souhaite dans ce passage où l'accomplissement va avoir lieu. Avant la (re)présentation, je travaille en vivant ,"dans la rue", rarement sur le plateau. Je ne parle pas ici du travail avec le Site. J'ai comme une vie de couple avec chacun de mes partenaires artistiques et autres. des vies différentes, sans forcément d'interférence entre elles et je ne souhaite pas non plus qu'ils puissent trop se rencontrer entre eux. Ils ne sont là, ni pour s'aimer ni pour partager avant. Il faut qu'ils restent dans ce climat de quête. Je ne leur parle que du théâtre, rarement du sujet ou de la fable traitée, mon écriture est avant tout sur le théâtre et les publics (qui feront ou non exister l'art, à chacun de se débrouiller avec, je n'ai rien à distribuer, à garder ou à reprendre de l'art.). Je suis dans les rencontres et les mémoires à venir des publics. Ces états déterminent mes cycles et les "façades" changent, mes obsessions restent. |
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