
Et si l'espoir était dans le voyage, que de l'autre côté de l'horizon le ciel était plus bleu, le sable plus blanc ? Mais il arrive que le voyage soit sans escale, vers des rencontres sans visage. Mes chemins de errance. Je sais construire des bateaux qui me portent dans leurs ventres vers de lointains rivages où l'on attend. Sur le sable fin je pose mon ancre et pars vers ceux qui m'appellent. De leurs cris, je n'entends qu'un murmure qui m'enveloppe comme un souffle tiède de l'alizè. Je suis là, nu et seul sur l'étendue de sable clair, je n'ai comme bagage que ma carcasse d'homme et mes mains trops grandes. J'avance dans ce désert où nul n'a laissé de trace, ni haine, ni amour, ni espoir. J'ai laissé dans mon sillage ceux et celles qui, habilement, m'avaient laissé croire qu'ils étaient du même voyage. Et puis un matin trop pâle d'hiver, j'ai eu soudain peur que la mort me surprenne, endormi. Je sais des soleils trop froids, sans lumière, peur qu'un enfant m'éclaire de son miroir inocent. Alors j'ai eu envie de crier mes certitudes. |
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